portrait

Sénin,

Commencer une toile, sans savoir quel chemin mon instinct créatif, soumis au  hasard de mon avidité de couleurs et de mouvements, va emprunter. Se laisser mener par des émotions passagères, des tumultes intérieurs, des interrogations existentielles, « des zénitudes » éphémères  et se servir de la technique (sable, acrylique, pigments, pastels secs)  pour  une facture résolument contemporaine.

Analyser  ensuite le pourquoi de telle touche, le comment d’un tel effet, le rendu d’un  équilibre ou déséquilibre. Me positionner en spectateur, me surprendre  à identifier les coulisses de mes émois, en découvrir d’autres qui m’ont échappés mais qui me révèlent dans mon essence même.  Accepter l’œuvre telle que, parce que ce serait trahir ma spontanéité.

MOTUS,

MOTUS (définition) : Paix. Silence.

Le propos est bien un monologue de silence et de paix, de silence paisible ou de paix silencieuse.  Le monochrome s’impose de fait, parce qu’il est un, concis, intègre, et qu’il  livre, d’emblée, par sa couleur, l’émotion concernée.

Mais le mot est bien plus sommaire  qu’une définition, parce que le jeu orthographique permet des interprétations bien plus riches. Les mots tus. Les mots tuent. Les maux tus. Les maux tuent. Point d’art’ifices : tout est là.

En sus de la couleur qui se donne au premier regard, il y a la discrétion des empreintes sablées, plus intimes et secrètes qui livrent des états d’âmes et des univers personnels, comme une écriture codée.

Et puis, il y a le toucher, parfois rugueux ou velouté, des sensations nuancées qui s’opposent quelquefois à la couleur. L’acrylique lisse se caresse ; le sable brut se hérisse tandis que le sable lustré au savon s’apprivoise.

Enfin, le petit carré, cerné d’or, qui donne vie et intensité  à chaque création : c’est le centre de la toile, l’infime parcelle qui n’appartient qu’au peintre. Qui m’appartient.